L’accès aux soins se construit en équipe

6/10/2025

Le constat est clair : l’accès aux soins de proximité devient un enjeu majeur en France. En dix ans, la densité médicale a chuté, passant de 161 à 147 généralistes pour 100 000 habitants. Résultat : environ 6 millions de Français se retrouvent sans médecin traitant, et 87 % du territoire est désormais classé en « désert médical ». Les délais pour obtenir un rendez-vous s’allongent, les urgences hospitalières pallient les manques et deviennent surchargées au point d’être détournée de leur fonction première. Les ruptures dans les parcours de soins se multiplient.

Face à cette situation, une dynamique se met en place : le développement des structures d’exercice coordonné – maisons de santé pluriprofessionnelles et centres de santé. Leur nombre a littéralement explosé : de 240 à 2 300 maisons de santé entre 2013 et 2023, et de 1 220 à 2 900 centres de santé. Ces structures ne sont plus marginales. Elles répondent à l’évolution des besoins de santé : vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques, dépendances, polypathologies.

Du soin individuel au soin collectif

Ces structures marquent une rupture avec la pratique médicale isolée. Elles reposent sur deux piliers : la pluriprofessionnalité (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens, psychologues, etc.) et la coordination (continuité des soins malgré les absences, partage d’informations, protocoles communs). Le patient n’est plus seulement suivi par « son » médecin, mais bénéficie d’un réseau organisé qui assure une meilleure prise en charge.

Cette approche dépasse l’individu pour s’inscrire dans une logique territoriale : adapter les projets de santé aux réalités locales, développer des actions de prévention ciblées, lutter contre les inégalités sociales et spatiales de santé. En d’autres termes, il s’agit moins de « soigner une patientèle » que de soigner un territoire.

Des stratégies adaptées aux réalités locales

Le territoire façonne les pratiques : en montagne, la traumatologie est plus fréquente ; dans les zones balnéaires, la saisonnalité des patients impose des organisations spécifiques. Les structures s’adaptent avec créativité : cabinets multisites, maisons de santé « hors les murs », bus itinérants pour aller au-devant des patients. L’objectif reste le même : maintenir la permanence et la qualité des soins.

Entre engagement et fragilité

Mais ces structures, aussi prometteuses soient-elles, font face à deux défis majeurs :

  • L’équilibre géographique : comment assurer une implantation équitable, concertée avec les élus locaux ?
  • La viabilité économique : fondées sur une rémunération à l’acte, elles peinent à financer des missions essentielles mais non valorisées (accueil, tiers payant, prévention). Les déficits fragilisent leur pérennité.

Des îlots d’innovation à soutenir

Ces maisons et centres de santé apparaissent comme de véritables laboratoires de l’avenir de l’organisation des soins. Elles démontrent la pertinence d’une pratique médicale collective, territorialisée et solidaire. Mais elles reposent largement sur l’engagement des professionnels qui les portent. Leur multiplication et leur stabilité dépendront donc du soutien des partenaires institutionnels et de l’adaptation des modèles de financement.

Une chose est certaine : pour garantir un accès équitable aux soins, la réponse ne peut plus être individuelle. C’est bien en équipe, et à l’échelle d’un territoire, que se construit l’avenir de la santé.

Le rôle des CPTS : donner de la cohérence à l’action collective

Dans ce paysage, les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) jouent un rôle pivot. Elles ne soignent pas directement mais coordonnent l’action des professionnels de santé, du médico-social et du social à l’échelle d’un territoire. Elles ont vocation à être de véritables « laboratoires à solutions » pour répondre aux défis d’accès aux soins. Comment organiser un suivi quand, mathématiquement, les médecins généralistes ne sont pas assez nombreux ? Comment donner une nouvelle dimension à la prévention ? Comment aider les professionnels du territoire à faire corps et à inventer des outils collectifs pour améliorer la prise en charge des patients ? Autant de questions auxquelles les CPTS s’attaquent, en transformant les initiatives locales en réponses partagées, cohérentes et durables. Leur force est de fédérer les acteurs autour d’une vision commune et d’oser expérimenter pour anticiper les besoins de demain.

Inspiré de l’article de Nadège Vézinat, « Les soins, un sport collectif ? », publié dans Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, n° 80, sept.-nov. 2025.

Les dernières actus

Endométriose : une soirée de formation et d’informations

Pour permettre aux professionnel.le.s de santé de mieux comprendre l’endométriose et mieux accompagner les femmes concernées, la Communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) de Costières en Camargue et l’association EndOccitanie organisent une soirée de formation et d’informations le mercredi 6 mai. Grace aux interventions de spécialistes – gynécologues, sage-femme et association de patientes - les participants à cette soirée repartiront avec des informations très pratiques sur la maladie et sa prise en charge. Les objectifs de la soirée ? Développer sur le territoire des costières une prise en charge optimale de l’endométriose allant du diagnostic au traitement médical et chirurgical (former les gynécologues, médecins généralistes, sages-femmes…), sans oublier la préservation de la fertilité et la prise en charge des soins de supports (médecins de la douleur, psychologues, sexologues, kinésithérapeutes, ostéopathes…). Programme de la soirée endométriose du 6 mai 2026...

Rester en forme!

Rester en forme ce n'est pas ralentir, c'est apprendre à s'écouter autrement! Passé 55 ans, notre corps envoie des signaux : davantage de fatigue, moins d’appétence pour cuisiner, quelques douleurs en se levant… Ces signaux sont parfois discrets, parfois évidents. C’est normal. Ce qui est nouveau, c’est qu’au lieu de les ignorer, on peut choisir de les écouter. Non pas pour se restreindre, mais pour s’adapter — avec intelligence, souplesse et plaisir. Ce n’est pas une question d’âge. C’est une question d’équilibre : entre ce que l’on veut faire, et ce que l’on peut ajuster. Et plus on repère tôt les petits signes, plus on peut agir simplement, efficacement, au bon moment. Voici 6 domaines où le temps peut avoir son mot à dire… mais pas le dernier : 1. La mobilité : quand le corps nous parle en silence Vous vous levez plus lentement ? Moins stable sur vos appuis ? Monter un escalier vous essouffle davantage ? Ce sont de petits signaux… mais ils méritent votre attention. Le corps...

POP (parcours d’obésité pédiatrique) se lance !

Parce que la santé des enfants ne passe pas que par l’assiette ! Le Programme d’Obésité Pédiatrique (POP) s’adresse aux enfants et adolescents de 3 à 18 ans en situation de surpoids, d’obésité ou de prise de poids rapide.Notre objectif : offrir une prise en charge globale et coordonnée, en impliquant l’enfant et sa famille. Pourquoi choisir le POP ? Un accompagnement pluridisciplinaire : médecins, diététiciens, psychologues. Un parcours financé par le DAC30 et la CPTS : aucune avance de frais pour les familles. Un suivi personnalisé sur 2 ans, avec 1 à 2 séances par mois selon les besoins. Accès à des bilans médicaux, consultations diététiques et psychologiques, et réflexion autour d’un programme d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP). Comment ça marche ? L’entrée dans le parcours se fait via le médecin généraliste ou pédiatre. Après un bilan initial, un programme adapté à l’âge et à la situation est mis en place. La famille est accompagnée tout au long du parcours pour favoriser...

La vaccination, un choix qui a du sens !

La vaccination est l’un des outils les plus efficaces pour prévenir les maladies infectieuses, protéger les populations vulnérables et limiter les épidémies. Elle permet non seulement de réduire les risques individuels de complications graves, mais aussi de freiner la propagation des virus et bactéries au sein de la communauté. C'est un acte médical préventif consistant à administrer un antigène (souvent sous forme d’un vaccin) afin de stimuler le système immunitaire et induire une réponse immunitaire spécifique. Cette réponse permet à l’organisme de reconnaître et de neutraliser rapidement l’agent pathogène en cas d’exposition future. Les vaccins peuvent contenir des virus ou bactéries inactivés, atténués, ou des fragments purifiés (protéines, ARN, etc.). Les vaccins sont essentiels pour la santé publique : selon l’OMS, ils sauvent entre 3,5 et 5 millions de vies chaque année. Grâce à eux, la variole a été éradiquée et la poliomyélite a disparu en France. Mais certaines maladies...

Cancer du sein, le dépistage change tout!

Le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme en France : chaque année, près de 60 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Mais c’est aussi l’un de ceux pour lesquels les chances de guérison ont le plus progressé. Grâce au dépistage et aux traitements, lorsqu’il est détecté à un stade précoce, un cancer du sein se guérit dans 9 cas sur 10. Pourquoi se faire dépister ? Le dépistage organisé s’adresse à toutes les femmes entre 50 et 74 ans, avec une mammographie tous les deux ans, prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Pour les femmes plus jeunes, ou à risque particulier (antécédents familiaux, prédispositions génétiques), le suivi est adapté par le médecin traitant ou le gynécologue. Ce rendez-vous régulier est essentiel : il permet de repérer des anomalies invisibles ou indolores, bien avant l’apparition de symptômes. Les progrès des traitements Les prises en charge se sont transformées en profondeur. Chirurgies plus ciblées, radiothérapies mieux tolérées,...

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